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Se motiver à travailler en utilisant la négativité (la méthode)

"Je sais que je dois travailler, mais je ne parviens pas à m'y mettre".

Cela sonne-t-il parfois comme votre voix intérieure ? Oui, comme la mienne aussi. De temps en temps.

C'est difficile d'être motivé et rigoureux en permanence. 

Le matin dans son lit douillet ou le soir après une journée chargée, vous avez bien envie de prendre du temps pour vous. Rien de plus humain.

Le problème, c'est qu'il y a des conséquences à cela. Manque de résultats, objectifs non-atteints, redoublement, retard, reproches.

Car, que ce soit via notre entourage ou notre propre voix, il y a toujours quelqu'un pour nous reprocher ce manque d'action. Et alors, toutes les raisons sont bonnes pour douter, pour culpabiliser.

Malheureusement, la culpabilité a cela de particulier qu'elle est la porte d'entrée dans le cercle de l'inaction. Elle entraîne l'anxiété, qui elle-même entraîne la procrastination.

A ce moment, vous pouvez réagir de 3 manières :

- Une minorité a le déclic et remédie à cette mauvaise habitude
- La première majorité tente de positiver, relativiser, se rassurer, jusqu'à un point critique où ils tentent de rattraper des mois d'accumulation en une semaine
- L'autre majorité sombre, se démoralise et échoue

Il y des chances que vous fassiez partis des deux dernières catégories. Cependant, j'ai une bonne nouvelle, il existe une solution : utiliser votre propre négativité pour passer à l'action.

La négativité et non son opposé, parce que je vais en parler tout de suite : la positivité, en tant qu'outil, ça ne fait pas agir. Ça conforte jusqu'à un point critique, ça aide à bien vivre l'échec à venir. 

1) Le problème de la "positiv'attitude"

Avant tout, je n'aime pas Lorie, mais c'est une autre histoire.

Le négatif l'emporte sur le positif

Il est difficile de lutter contre la négativité, contre les "mauvaises nouvelles" et tout ce qui y est relatif. C'est normal, nous autres homo sapiens, sommes les descendants des survivants d'ères et d'environnements hostiles.

A ces époques :

- une bonne nouvelle = un repas ou une "opportunité de reproduction" 

- une mauvaise nouvelle = la mort

Résultat, notre attention est destinée à considérer davantage le danger, les intempéries, les accidents, les risques, etc.

A l'heure où j'écris cet article, voici la page d'accueil du journal Le Monde :

Les titres : 

- Attaque dans la Préfecture de police de Paris : quatre personnes et l'assaillant sont morts
- Pourquoi la liste des produits chimiques stockés dans l'usine Lubrizol de Rouen est inexploitable

- Restaurer plutôt que conserver, la nouvelle arme idéologique d'Eric Zemmour
- Rassemblement dans toute la France après le suicide d'une directrice d'école à Pantin
- A La République en marche, on prépare déjà l'après-Macron
- Dopage : l'athlète français Morhad Amdouni mis en cause
- Dons de sperme : "L'anonymat était pour moi une évidence"

Trois mauvaises nouvelles, quatre sujets polémiques.

Ce n'est pas un hasard

Et c'est bien connu. Pour vendre du papier ou du clic, il faut attire l'attention des gens, pour attirer cette attention, il faut du grave, du danger, de l'opinion tranché.

Personne ne parle des trains qui arrivent à l'heure. (Même si la journée était un sans-faute pour la SNCF, c'est dire.)

Votre psychologie fonctionne de la même manière. Cependant, les possibilités de réagir diffèrent. On peut s'isoler des "bad news" mais il est plus difficile de taire ses pensées.

C'est un gros travail ou une bataille perdue d'avance. 

Vraiment ? 

Je le pense oui, mais vous pouvez gagner la guerre.

Le "fake" est un leurre

Il y a un autre problème concernant la positivité. En plus de lutter proportionnellement face à la négativité, elle doit être vraie.

Or, trop souvent, les gens se voilent la face, se mentent, se bercent d'illusion, de constructions mentales rassurantes.

Relativiser, ce n'est pas juger toute chose "non-importante", mais apprécier chaque chose à sa valeur objective (dans les limites du possible).

Positiver, c'est apprécier la moitié pleine du verre, non faire abstraction de la moitié vide. 

Conclusion, être véritablement positif, c'est une question de nature et de travail, ce n'est pas un raccourci rassurant.

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Mais alors, comment gagner contre la négativité ? 

A l'image des manipulateurs qui comprennent le comportement humain, nous devons agir de même avec la négativité. 

"A l'égard de maint individu, le plus sage est de se dire : "Je ne le changerai pas, je veux donc l'utiliser." - Arthur Schopenhauer

Il en va de même pour vous, envers vous-même.

Vous ne pouvez pas changer votre nature, vous ne pouvez pas modifier le poids de la négativité, soit. Vous devez donc l'utiliser.

2) Comment utiliser la négativité ?

Visualiser le coût de l'inaction

Il y a trois raisons qui vous poussent à rester passif :

- le coût en temps / énergie
- le coût d'opportunité (ce que vous pourriez faire au lieu de travailler)
- le stress

Les deux premières sont objectives, la troisième se vit. Toutes ont un véritable impact.

Pour les contrer, il vous faut voir le problème sous un autre angle : visualiser le coût de l'inaction.

C'est là le levier de votre motivation !

Plutôt que prendre conscience de que vous pourriez gagner, focalisez-vous sur ce que vous avez à perdre.

Car l'idée de perdre quelque chose est bien plus puissante que celle de gagner, pour des raisons biologiques que l'on vient de voir.

Qu'est-ce que le coût de l'inaction ?

Voici quelques exemples :
- vous pourriez redoubler ("perdre" un an)
- perdre votre travail
- perdre votre bourse d'études
- décevoir et perdre la confiance de votre entourage
- devenir la risée de votre environnement social
- ​déprimer ou pire, partir en dépression
- perdre le droit de rêver, faire une croix sur vos ambitions
- etc

C'est ce que vous allez payer, ce que vous allez perdre, ce que l'on va vous enlever. Et penser de cette manière est très efficace.

Pourquoi ? 

Parce que vous allez culpabiliser par anticipation, et non rétrospectivement.

Lorsque vous culpabilisez après coup, hormis stresser et dégrader votre amour-propre, vous n'en tirez aucun résultat bénéfique. Vous n'avez pas le contrôle sur les événements passés.

Mais lorsque l'on anticipe cette culpabilité, on se sent poussé à agir, une force nous prend par la main (ou la peau du cou) pour éviter que le scénario redouté ne survienne.

Alors oui, ce n'est pas un exercice agréable. Culpabiliser n'a rien de plaisant et c'est d'ailleurs pour cela que ça marche. Mais vous alliez vivre l'expérience rétrospectivement de toute façon, non ? Qui plus est, cela prend 30 secondes pour se bouger le Q.

3) Les limites de la négativité

L'opposé du but recherché

Il subsiste tout de même un problème de taille. Etre négatif, c'est contagieux, ça colle à la peau comme du goudron et c'est bien plus concentré que toute substance positive.

Il faut donc l'utiliser avec précaution.

La négativité, c'est le déclencheur, le percuteur, l'interrupteur. Vous devez l'utiliser pour passer à l'action. Mais ce n'est pas votre carburant !

Cela est le rôle de son opposé : la positivé. C'est à ce moment que vous devez être fiers d'avancer et utiliser ce sentiment de satisfaction pour continuer. C'est "le feu sacré" qui vous pousse, une fois votre travail commencé. Vous avez juste besoin d'une claque pour sortir du lit.

Si vous utilisez la négativité comme carburant, vous allez déprimer. Toutes vos questions existentielles et vos doutes vont ressortir au moment où vous devriez être concentrés sur votre travail.

Mais lorsqu'on est fier de soi, on a assez peu de question. On profite en continuant. Le bien-être ne prend pas au dépourvu.

Les actions bénéfiques à mettre en place pour se motiver

Alors concrètement, comment allez-vous procéder ? C'est gratifiant d'être conscient de ce biais cognitif, mais il faut à présent l'utiliser. Ne serait-ce que pour le confirmer et surtout pour en retirer les bénéfices.

Voici la méthodologie que je pense la plus efficace pour y parvenir (profitez, c'est rare que je fasse des notices IKEA) :
- Identifier la plus grosse crainte en lien avec votre activité, votre travail, vos études
- La formuler de la manière la plus émotionnellement impliquante. Courte si possible, du genre "Si je fume aujourd'hui, je vais mourir." Boum.
- L'écrire lisiblement sur une feuille
- Placer cette feuille à l'endroit où vous êtes censés vous en souvenir pour démarrer (sur votre bureau, près de votre porte d'entrée, ...)
- La regarder et la lire à haute voix chaque fois que vous devez passer à l'action
- Commencer de suite la tâche en question

C'est une version simpliste du processus.

Cela aide de savoir en avance ce que l'on doit faire une fois votre rappel lu. Aussi, n'hésitez pas à la relire à haute voix chaque fois que vous êtes tentés d'abandonner avant la fin.

Très vite, cela devient un réflexe. Plus besoin de feuille ni de rappel visuel.

Serez-vous lièvre ou renard ?

Savez-vous pourquoi, souvent, le lièvre court plus vite que le renard ?

Parce que le lièvre court pour sa vie, alors que le renard court pour une bouffe. Si le premier échoue, c'est la mort, tandis que l'autre aura encore quelques essais.

Si vous agissez comme un renard, il y a des chances que vous procrastiniez, pour toutes les raisons vus précédemment, parce que cela devient peu important.

Mais si vous agissez en lièvre, vos tâches deviendront vitales. Pas le choix faut y'aller !

Cependant, même le lièvre ne court pas constamment pour fuir la mort. Il se rappelle que positivité et négativité constituent un équilibre et que les deux ne remplissent pas les mêmes fonctions.

Chaque jour en son temps

Chaque action en son contexte. Chaque fois que vous aurez besoin de vous abstenir de procrastiner (comme dirait un certain Fabien Olicard), souvenez-vous de cette profonde angoisse anticipée, et laissez-la couler une fois en action.

Ne craignez pas la peur, faites-en votre outil.

Culpabiliser n'est ni mal ni bien, c'est un moyen de parvenir à vos fins. Usez de la culpabilité avec sagesse et discernement.

Ne tombez pas dans le pessimisme

La négativité n'est pas un état d'esprit, c'est une émotion contextuelle qui se maîtrise. Mais si vous sombrez dans le pessimisme, il y a de fortes chances que vous ne soyez plus en mesure d'atteindre vos objectifs. A quoi bon de toute façon ?

Donc soyez rationnels, usez de vos émotions et avancez vers vos objectifs. 

Il n'y a rien de fatal dans la procrastination, c'est un comportement parfait humain. Comprenez-la et apprenez à la repoussez en temps voulu. Chacun d'entre vous peut y arriver.

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PS : Je suis sûr qu'un de vos amis souffre de la procrastination. Filez-lui un coup de main, envoyez-lui l'article 🙂

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Valentin
 

Dans un monde de plus en plus exigeant, être dans la "moyenne" n'est plus une option viable. Et puis que l'Ecole semble avoir oublié de nous enseigner les fondamentaux de l'apprentissage, c'est à nous de nous prendre en main.

  • Clémence dit :

    Super article! Toujours un plaisir de te lire Valentin!

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